
100 textes de poésie déclinés sous huit chapitres : Ailleurs et Aujourd’hui – Curiosités de l’Âme – Des Malles de Mots – Fragments de Vie – L’Encrier Enchanté – L’Envers du Décor – Les Rameaux d’Or – Suite Dans les Idées.
Parmi les 100 présents dans ce recueil, ce texte figure dans le chapitre DES MALLES DE MOTS
Le vent serpente, autour des feuillus s’enroule.
Les nuages gris courent, s’agglutinent en boules,
Pendant que les troupeaux réfugiés près des buis,
Les bourrasques soulèvent poussière et débris.
Au lointain, la plaine murmure, et se plaint
En un long monologue, sous le ciel d’airain.
Le souffle rugissant escalade les murs,
Et transperce tout de sa terrible piqûre.
On devine la petite faune tapie
Dans les terriers, gîtes, tanières et autres nids,
Espérant du ciel un bon geste de clémence,
Et que cesse enfin, ce tourbillon de démence.
Quelques rares moineaux osent braver le temps
Pour se réfugier sous la haie, quelques instants.
Le village accroupi, aux petits toits de chaume,
Affronte patiemment la colère démone.
La girouette perd le nord, grince et s’affole.
Dépitées, pauvres tulipes robes au sol.
Secouées, pliées, les jeunes branches d’osier,
Aux fiers lilas cassés n’ont rien à envier.
La colère s’apaise, le ciel se blanchit,
La frénésie fléchit, soudain c’est l’accalmie.
Éole fatigue, traine dans l’herbe folle,
Doucement, pour s’éteindre, en contorsions molles.
La musaraigne ose pointer son museau,
Redevenue lisse la surface de l’eau ;
Défaits, pendent les linges, sur le fil tendu,
Au sol, échouées, de jeunes feuilles perdues.
Sur le faitage, le pinson ritournelle,
Sitôt suivi de toute une ribambelle.
Émane l’azur dans un coin subtilement,
Et la vie de sa torpeur, sort tranquillement.
Prune, le 1er mai 2015